Je vois trois étages successifs et gradués pour la formation du public à la philosophie. Découverte et éveil, formation aux concepts, approfondissement thématique.

Pour le premier niveau l'idéal serait sans doute une UNIVERSITE POPULAIRE, gratuite et ouverte à tous, qui consisterait à donner des cours généraux à vocation d'initiation, comme faisait Auguste Comte, ou comme fait Onfray. Mais cela exige la constitution d'une équipe soudée autour d'un projet collectif, des salles et donc un appui municipal.  Pour le moment ces conditions ne sont pas réunies ici. Mais il se pourrait que dans un avenir proche un tel projet puisse se monter. Je ne puis à moi tout seul mettre en chantier un tel travail. Je fais appel à de bonnes volontés, en lettres, histoire, sciences, ou autres dsiciplines. Cela ne peut être qu'une entreprise collective, volontaire, enthousiaste.

Pour le moment les cours donnés à l'UNIVERSITE du TEMPS LIBRE fournissent un substitut fort valable, mais qui est payant, et qui concerne surtout les personnes retraitées. L'esprit y est fort bon mais ne correspond pas exactement à celui d'une Université Populaire.

La seconde formule c'est le CAFE PHILO, qui présente d'innombrables qualités d'éveil : cadre sympathique et convivial, absence de contraintes administratives, ouverture maximale à tout public, gratuité, liberté de parole, écoute, observance de la règle de circulation de la parole, initiation aux grands thèmes de la philosohie par le biais des questions personnelles, sociales, psychologiques et morales, synthèses de l'animateur, création progressive d'un grpupe de fidèles motivés, renouvellement du public, espace d'  expression, de créativité et de communication règlée, politesse et convivialité. Mais la formule a évidemment des limites : pas de suivi d'une séance à l'autre, approche fort incomplète des thèmes et des auteurs, risques de dérives et d'éparpillement. Il en résulte que le Cafe est une initiation vivante et directe, irremplaçable dans ses vertus, mais incomplète, et qui demande d'autres formes d'approfondissement.

L'ATELIER-PHILO a pour fonction de fournir un cadre et une méthode d'approfondissement. Emergence et création progressive d'un groupe restreint, régulier, inscrit dans une structure souple (par ex MJC ou Centre social), autour d'un philosophe qualifié, pour étudier une problématique sur une année, suffisamment large et précise pour maintenir l'intérêt sur une dizaine de mois. Ex : "connaissance de la vie psychique". Ou : "la philosophie face à la souffrance". ou "Les problèmes éthiques" Toutes formules qui permettent à la fois un travail soutenu sur une thématique, et une présentation de grands auteurs, voire de grands textes. Cela permet d'aller plus loin et plus profond que le cours classique de terminale. MAIS, et j' y insiste, il faut éviter le discours de prof, l'exposé trop long, au profit d'une formule très interactive qui favorise l'implication des personnes. Sans quoi on retombe dans les travers de l'enseignement classique, dont les personnes ont souvent un souvenir fort mitigé. Si le Café vise l'éveil, l'Atelier vise la formation. L'Atelier serait le second degré de la pyramide.

Toutes les personnes ne passent pas du premier au second degré, c'est bien évident. Mais, sur la base du Café, des intelligences s'éveillent qui demandent tout naturellemnt d'aller plus loin et plus profond. Il faut une information efficace pour faciliter le passage d'un degré à l'autre. Je suis heureux de pouvoir déclarer que tout cela marche plutôt bien dans cette ville, où j'ai trouvé de belles dispositions, de vraies motivations chez les gens.

Le troisième degré pourrait être la création d'un GROUPE de RECHERCHE, moins public, et réservé, véritable creuset de réflexion, nourri des apports de diverses compétences, scientifiques, artistiques, anthropologiques autour d'un projet philosophiqiue cohérent de longue haleine. C'est dans un tel cadre que l'esprit d'examen et de critique peut pleinement se manifester, qui irriguera les diverses interventions faites par ailleurs. Il faut que les animateurs puissent eux-mêmes se réformer et se former dans le temps, pour éviter la stérilisation qui guette immanquablement tout projet, fût-il généreux et inventif.

Une autre formule possible, dans cet esprit, serait l'ATELIER de LECTURE autour d'un thématique d'année, peut-être ausi en relation avec la précédente. En fait il existerait certainement de nombreuses virtualités : affaire d'invention.

Voilà où nous en sommes présentement en notre bonne ville de PAU. Nous n'avons aucunement le monopole de la formation, nous souhaitons tout au contraire que d'autres initiatives voient le jour. Je pense qu'il faudrait un second CAFE PHILO pris en charge par un autre animateur pour diversifier les approches et les méthodes, chaque groupoe, aussi ouvert soit-il, finissant toujours par s'institutionnaliser de quelque manière. Une heureuse rivalité stimulerait encore plus la recherche.

Et enfin, j'imagine volontiers des APERO-PHILO, conçus sur d'autres modèles, où soufflerait un petit air coquin et frondeur, susceptible peut-être de gagner la faveur d'un public plus jeune. Car pour le moment c'est le public jeune que nous n'avons pas su attirer, pour des raisons qui nous échappent encore.

Je serais très heureux d'avoir l'avis de mes lecteurs sur toutes ces propositions, Et,pourquoi pas, des candidatures spontanées de prise en charge.verront-elles bientôt le jour.

Merci de me répondre GK